Réflexion

Pâques: légende ou réalité?

 Nous vivons à une époque qu’on dit scientifique. Ceci s’explique par les recherches qui ont engendré une belle évolution dans plusieurs champs de la vie : surtout dans le domaine médical, industriel et au niveau des commodités du quotidien.

Un scientifique, c’est une personne qui n’affirme rien sans avoir l’appui de preuves concrètes. Ex: un nouveau médicament a fait l’étude de centaines de tests sur des animaux puis sur des humains volontaires avant d’être mis sur le marché. Les progrès de la science ont grandement influencé notre culture et nos valeurs communautaires depuis une trentaine d’années.

Parler du Christ ressuscité n’a jamais été facile et ça l’est encore moins aujourd’hui, car les preuves de la Résurrection ne sont pas vérifiables au niveau matériel. Le tombeau vide: c’est déjà contesté au matin de Pâques par les chefs religieux… Les apparitions aux femmes venues embaumer le cadavre du Christ les font passer pour des visionnaires. Alors, Pâques: est-ce une légende en chocolat ou une réalité qui nous dépasse?

Que reste-t-il comme preuves qui attestent la Résurrection?

  • le dynamisme et l’audace des apôtres et des premiers chrétiens : de peureux, ils deviennent courageux jusqu’au martyr.
  • leurs engagements auprès des pauvres et des petits sans rien attendre en retour.
  • leur solidarité pleine d’espérance pour bâtir un monde où il fait bon vivre malgré l’incompréhension de la logique humaine.

Depuis qu’ils ont quitté les églises, les Québécois sentent qu’ils ont perdu leurs repères, voire leurs racines et ceci surtout depuis la question des accommodements raisonnables. Alors aujourd’hui comme dans les premiers temps de l’Église, la seule preuve évidente du Christ ressuscité c’est nous les chrétiens! C’est notre foi qui dérange, qui interpelle… c’est cette foi qui donne du courage devant les difficultés et qui suscite en nous ce désir d’aimer en toute gratuité.

Ces jours derniers, lors d’une catéchèse préparatoire au sacrement de confirmation, quelques jeunes ont fini par avouer: « Si je fais ma confirmation, c’est parce que ça semble bien important pour mes parents… mais je ne crois pas en Dieu ». La catéchète me demande quoi répondre à ça.

Selon moi, il faut préciser cette affirmation: je ne crois pas en Dieu ?

  • Est-ce à dire: je ne connais pas Dieu, ce qui est bien possible ou encore faut-il préciser en quel Dieu, je ne crois pas… parce que moi aussi je ne crois pas en un Dieu lointain, suprême, sévère, punisseur, moralisateur, exigeant et qui attend de nous que tout soit parfait. Ce genre de Dieu n’est pas celui du Christ, mais des scribes et des pharisiens.
  • J’avoue que je ne crois pas qu’on ne puisse pas croire en Dieu
  • Le Dieu de Jésus-Christ auquel je crois est un Dieu qui nous habite de l’intérieur et qui nous inspire au quotidien. Un Dieu de discernement et de bon sens dit saint Paul.

Dieu est un mystère: on en a une évidence rien qu’à voir la nature (laquelle demeure un premier lieu de découverte de Dieu). Le Dieu de Jésus-Christ est un mystère d’amour qu’on ne réussira jamais à saisir complètement, car par définition un mystère est une réalité qui nous dépassera toujours. Fréquenter Dieu en Église, c’est plonger dans son mystère pour finir par agir en son nom sans même s’en rendre compte…

Que la fête de Pâques réanime en nous le désir d’être des témoins limpides du Ressuscité, de ce Christ vivant qui est devenu Lumière pour nos esprits et nos cœurs. Christ est ressuscité. Alléluia!

Gilles Baril, prêtre

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